lundi 21 février 2011

Black Swan

 













Origine : Etats-Unis
Date de sortie cinéma : 9 février 2011
Genre : Drame, Thriller, Fantastique
Réalisé par : Darren Aronofsky
Durée : 1h43

Synopsis : Rivalités dans la troupe du New York City Ballet. Nina est prête à tout pour obtenir le rôle principal du Lac des cygnes que dirige l’ambigu Thomas. Mais elle se trouve bientôt confrontée à la belle et sensuelle nouvelle recrue, Lily...


Mon avis : Darren Aronofsky est un réalisateur atypique. Requiem for a Dream a son succés auprès d'une certaine tranche de spectateurs, mais n'est pas apprecié de tous. Même chose pour The Fountain, qui n'a pas marché aux Etats-Unis, mais est bizarrement considéré comme une oeuvre cultissime en France (un excellent film, et d'ailleurs une BO éblouissante). Il faut attendre The Wrestler, avec la renaissance d'un Mickey Rourke imperial, pour que le talent cinématographique de Darren Aronofsky soit unanimement respecté et reconnu.

Pendant un temps, les rumeurs parlent d'un reboot de Robocop par Aronofsky, mais le projet tombe à l'eau a cause des problèmes des studios MGM. En septembre 2009, le studio est au bord de la faillite : la direction du groupe annonce que le studio aurait besoin de 20 millions de dollars. Un an plus tard, MGM propose que ses créanciers, en échange de la suppression de la dette de la société, se voient céder la majorité des actions. Du coup, rien n'est impossible dans un futur plus ou moins lointain, et Darren Aronofsky serait toujours chaud, mais si MGM remonte la pente bien évidemment.

On attendant, le voici qu'il a réalisé le très attendu Black Swan, autour du ballet du Lac des cygnes. Pendant celui-ci, sur le rythme de la musique de Tchaïkovski, la caméra danse gracieusement avec Nina, frèle et innocente jeune fille trop couvé par sa maman. Cette fille naïve et fragile à cause d'une mère trop protectrice et envahissante, avant que le "monstre" n'explose, ça fait terriblement penser à Carrie au Bal du diable du grand Brian de Palma. Toujours est il que Natalie Portman s'offre ici un de ces plus beaux rôles de sa carrière. Pour son rôle d'ailleurs, durant dix mois, elle s'est entraîné à raison de cinq heures tout les jours !

Durant tout le film, on suit Nina dans sa quète de perfection. Elle dort, mange, chie, vit de la danse classique, afin de pouvoir être choisie pour être LA demoiselle qui aura l'honneur de danser sur la musique du Lac des cygnes.

Black swan nous plonge par instant dans le fantastique lors des phases paranoïaques de Nina. Tout le talent du réalisateur est de nous manipuler astucieusement dans ce que l'on voit à l'écran. On perçoit les visions et l'imagination que se crée Nina, et au bout du compte, on ne sait pas ce qui est vrai et ce qui est faux, tout comme elle, obnubilé par la certitude que Lily veut lui voler la vedette. Si Vincent Cassel est très convaincant dans son rôle de professeur de ballet un poil manipulateur et profiteur, je trouve Mila Kunis dans le rôle du "cygne noir" diaboliquement éfficace dans l'incarnation de son personnage. C'est l'actrice clé de Black Swan j'oserai même dire. Et dire que Darren l'a recruté après simplement lui avoir parlé sur skype (le téléphone via internet), c'est fou !

Or donc, est ce que Lily veut réellement prendre la place de Nina ? Toute les interpretations sont possible, mais la plus concrète reste quand même le fait que Nina devient schizophrène de plus en plus au fil du temps, ce qui ne jouera pas en sa faveur. Et dire que Darren l'a recruté après simplement lui avoir parlé sur skype (le téléphone via internet), c'est fou !

Black Swan fait déjà un carton dans nos salles (ainsi que dans les salles ricaines), et c'est amplement mérité. Le film n'est pas aussi barré que ce que nous propose habituellement Darren Aronofsky habituellement, mais il a tenu tout ses promesses à mes yeux. Un long métrage à la fois angoissante, troublant, sensuel, noir et fantastique, une mise en scène rythmée (avec un filmage caméra épaule fréquent pour être au plus proche de l'action) par une bande originale certes déjà connu, mais revisiter de façon plus sombre.

Et que dire des vingt folles et dramatiques dernières minutes ! On a pas fini d'entendre parler de ce mec dans le futur, c'est moi qui vous le dit !

Note : 5 sur 6

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