jeudi 3 mars 2011

127 heures

 













Origine : Etats-Unis, Grande-Bretagne
Date de sortie cinéma : 23 février 2011
Genre : Biopic, Survival
Réalisé par : Danny Boyle
Durée : 1h34



Mon avis : Danny Boyle, c'est Petits meurtres en amis, c'est le cultissime Trainspotting et son univers de junkies, ou c'est encore 28 jours plus tard, un film post-apocalyptique autour d'une contamination mettant la race humaine en danger (un 28 jours plus tard beaucoup plus personnel et intense que sa suite, 28 semaines plus tard, déjà plus commercial dans son propos). Hormis son médiocre long métrage La Plage avec Leonardo DiCaprio et Virginie Ledoyen, qui reste à mes yeux le seul vrai raté dans sa filmographie, Danny Boyle s'est fait une jolie petite réputation donc. C'est en quelques sorte le "nouveau Kubrick" à mes yeux. Son nouveau film, 127 heures, est t'il une nouvelle réussite ?

A la base, c'est un livre intitulé "Plus fort qu'un roc" (Between a Rock and a Hard Place) d'Aron Ralston.

Le film revient sur l'histoire vraie de l'alpiniste américain Aron Ralston, vingt-sept ans, victime d'un accident lors d'une randonnée en mai 2003 dans le Blue John Canyon (Parc national de Canyonlands en Utah), où, coincé pendant six jours et cinq nuits, il va devoir (sur)vivre avec le peu de nourriture et d'eau qu'il a, mais surtout tenter de se sortir de ce pétrin, histoire de ne pas mourrir dans ce foutu Canyon.

Un week end, Aron Ralston fait cette randonnée sans avertir personne (première erreur ^^) et fait une chute entre deux blocs de roche. Par malchance, un rocher se coince entre sa main et la paroi, il est comme qui dirait pris au piège. Si on ne savait pas que c'est tiré d'une histoire vraie, on aurait pu penser que c'est un peu tiré par les cheveux, mais c'est bel et bien ce qui lui ai arrivé. Le gars qui a vécu ça dans la vraie vie a accepté de raconter son histoire à Danny Boyle (après avoir été réticent dans un premier temps), à partager sa terrible aventure dans le moindre des détails, ce qui a été le réalisateur à s'imprégner de ce qui pouvait passer dans sa tête pendant que ça lui ai arrivé ! C'est jusqu'au boutisme que l'histoire a été respecté :  "Nous voulions respecter fidèlement la réalité de ce qu’a vécu Aron quand il est resté prisonnier. Nous avons donc repris l’équipement exact qu’il avait dans son sac à dos, la quantité précise d’eau dont il disposait, la qualité de la lame de son couteau, le moindre élément de sa stratégie. Nous sentions que nous ne pouvions pas nous permettre d’être légers avec ces données," précise Christian Colson.

Afin de nous sentir au plus prés du personnage, Danny Boyle utilise autant que possible une caméra subjective afin que le spectateur est réellement l'impression de partager les angoisses de Aron Ralston. Le rendu est des plus réussis, notamment grâce à la performance  de James Franco. Certes, on a pas un vrai huit-clos comme dans l'autre récent survival Buried, mais ça ne pouvait pas être l'effet recherché. Le point commun des deux histoires est que le personnage principal tient le film sur ses épaules à 100 % (encore + dans Buried vu que les personnages qui interviennent ne le sont qu'en voix off via le téléphone, nous ne les voyons jamais).

Si Buried me semblait trop long, et surtout pas assez créatif et intéressant d'un point de vue narratique et visuel, c'est tout le contraire pour 127 heures, qui répond parfaitement à mes attentes. Il est non seulement dramatique mais aussi esthétiquement beau, intéressant, et même drôle (dans son malheur, en se filmant, Aron Ralston dans un rôle faussement schizophrénique s'imagine qu'une émission télé s'est déplacé tout spécialement pour lui pour recueillir ses impressions face au drame qu'il vit. Il se rie de lui même (un rire plus que jaune) en voyant bien qu'il aurait du prévenir ses proches ou même son collègue de boulot de la destination de sa randonnée... histoire que ceux-ci lorsqu'ils ne l'auraient pas vu rentrer puissent indiquer aux secours vers où chercher !

J'ai beaucoup aimé aussi les hallucinations visuelles que lui créent sa détention forcée. Il s'imagine qu'après une pluie torentielle, le rocher parvient à se libérer (sa main ne ressemblant plus qu'à une vaste bouillie) et à trouver la maison d'une des deux filles perdues avec qui il avait passé un bout de chemin avant son malheureux accident. Dans cette hallucination, Aron Ralston est trempé, la demoiselle va lui ouvrir et en le voyant, elle lui dit de s'en aller. Il ne peut partager son logis, et reste de même au pied de la baraque où elle fait la fète alcoolisé avec ses amis (fète qu'elle lui avait proposé juste avant que leurs chemins ne se séparent)... encore une des hallucinations d'Aron quand la soif commence à lui prendre, et traduisant habillement son incapacité à se rendre où que ce soit... dans son malheur, il devra se résoudre à boire sa pisse, et en revoyant les vidéos qu'il a fait avec elles, le désespoir de s'offrir une dernière masturbation, un dernier plaisir.

Bien sûr, Aron va s'en sortir. Comment ? Je suppose que vous le savez peut être, mais à ceux et celles qui ne le savent pas, je vous laisse le soin d'aller voir le film.  La tension retombe et le film perd évidement en intensité quand Aron se libère (tout l'interêt c'était son "emprisonnement") ce qui est normal, et au final, on a un long métrage de Danny Boyle une fois encore passionnant, et plaisant de bout en bout. J'adhère !

Note : 5 sur 6

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